Bilan de l'ESPACE D'ECOUTE du 25/11/21

03/12/2021

Bilan de l'action «ESPACE D'ÉCOUTE »


Le Centre Social Lapwent a organisé le 25/11/21 une cellule d'écoute pour les habitants suite aux violences urbaines. Les participants se sont exprimés sur leur ressenti et certains ont proposé des solutions. Le Centre Social Lapwent à cette occasion à mis en relation des habitants du quartier et des professionnels en présentiel et en distanciel.

  • Le Projet

Le Centre Social Lapwent est situé sur le secteur de Lauricisque et suite aux violences urbaines en région Pointoise fin novembre 2021, un certain nombre d'habitants nous ont verbalisé leurs craintes pour eux et pour leurs proches.
Ainsi, la flambée de violences et d'incendies en marge des barrages depuis le 19/11/21 ont laissé des stigmates dans les rues et des scènes de pillage et d'émeutes urbaines ont circulé sur les réseaux sociaux.

Dès lors, un certain nombre de parents et de familles sont venues spontanément nous parler de leurs ressenties vis-à-vis de la situation. Ces échanges ont permis d'aborder les questions de la sécurité sur les barrages, des risques encourus et provoqués par les manifestants.

  • L'organisation

Le débat s'est tenu le 25/11/21 dans les locaux du Centre Social Lapwent de 10h à 12h. Nous avons réuni une vingtaine de personnes en présentiel et une vingtaine de personnes sur l'interface Zoom. Parmi les participants nous comptions une majorité de professionnels. Étaient présents des acteurs du SEPSI, de Pôle Emploi, des représentants de l'éducation nationale, des travailleurs sociaux, des professionnels de l'éducation spécialisé, des acteurs de la santé et des élus des collectivités territoriales. Du côté des habitants, il y avait aussi des représentants des associations de locataires ainsi que des figures actives du quartier. L'ensemble des catégories d'âge étaient représentées avec des actifs, des personnes en voie d'insertion, des hommes, des femmes et de jeunes enfants. L'Espace d'Écoute s'est conclu par un moment de partage et des échanges informels entre les participants.

  • Les échanges

Le contexte de la crise sociale a été exposé, puis les participants ont décrit les faits qu'ils avaient observés. Les habitants et les professionnels se sont ensuite exprimés sur l'impact de la situation et ses causes. Ce qui a permis à certains de présenter des solutions. En guise de conclusion, chaque participant a été invité à présenter un bilan personnel de la situation.


Ainsi, le débat a commencé par un tour de table sur les sujets de préoccupations des participants. Il ressort que la question de la sécurité des jeunes et des scolaires est la principale source d'inquiétude des participants. L'éducation Nationale indique que la situation des jeunes est "difficile", que des "incidents" se produisent déjà dans les établissements alors même que certains élèves sont "injoignables" et "ne peuvent pas effectuer leurs stages". Ce constat de préoccupation est partagé avec les éducateurs spécialisés qui témoignent de l'angoisse des familles et de la présence de jeunes mineurs dans les rues.

Dès lors, les échanges s'attachent à décrire les faits observés au cours des dernières 48h. Un "sentiment de crainte pour les jeunes" est partagé. Ils (les jeunes) ont besoin de parler et d'échanger à l'école mais c'est impossible..car ils sont bloqués à la maison".

La période actuelle est désignée comme "fragile" du fait des "inégalités sociales, scolaires et financières". En fait, c'est la façon "violente" dont s'exprime la "colère" des jeunes qui n'est pas "souhaitable" même s' il s'agit d'une "forme d'expression des mots de la société Guadeloupéenne". Un participant rappelle que "les parents ont besoin d'écoute et les enfants d'attentions". Enfin, le nombre important de femmes sur les barrages est constaté. Il fait écho au témoignage d'une mère qui affirme " ne plus maîtriser sa fille mineure" qui est "en conflit avec elle et se rend sur les barrages".


Par la suite, les professionnels et les habitants s' expriment sur l'impact de la situation et ses causes. Ainsi la crise "fait que les enfants sont plus agités et crient plus que d'habitude". Ce témoignage rend compte du fait que "certaines violences sont des moyens d'extérioriser des sentiments violents [..] dus à des tensions au sein du couple [..], à de la maltraitance liée à l'environnement". "L'on peut constater que ce phénomène agit comme un retour de la violence ressentie: une conséquence des non-dits et de non-entendu". Certains professionnels "constatent [..] mais ne sont pas surpris de voir des enfants et des jeunes dans la rue". Cette "colère" était déjà présente selon eux. A ce titre, des participants présentent "les violences" comme "la continuité de la crise sanitaire et ce notamment pour les jeunes privés d'activité". Ils rappellent le besoin des adolescents d'être écoutés, soulagés et entourés.


En guise de conclusion, des solutions sont proposées. Il est conseillé de "mettre en œuvre chaque mercredi [des activités (d'accompagnement scolaire, activité sportive et culturelle] pour permettre de se réunir, d'échanger , de partager". Il faut aller "à la rencontre des habitants et leur permettre de se retrouver entre pairs". Les jeunes doivent pouvoir être dans des "clubs" et d'autre espaces de socialisation encadrés. Un lien doit être fait avec les " familles monoparentales" et avec "la population vieillissante", on doit "aller à leur rencontre". Des exemples de dispositifs sont présentés comme la Maison de la Citoyenneté et la cellule d'écoute des établissements scolaires au 0590478110.

Le bilan des échanges permet à chacun d'exprimer son avis sur la situation et sur le débat. Ainsi, il est rappelé l'importance "d'aller au chevet des familles et de comprendre leurs problématiques" car cette situation reflète "une crise sanitaire mondiale" qui touche la population. L'épidémie de COVID rend le quotidien "pas facile, car inconnue". "Il n'est plus possible d'enterrer ses proches et l'on n'est même pas sûr de l'efficacité du vaccin". L'on s'accorde en définitive sur le fait qu'il faille accepter "que rien ne se fera dans l'urgence" et "qu'après ces constats, il faudra des moyens pour passer à l'action".


  • L'évaluation ex-post de cette première action.

Le projet répondait à une situation d'urgence: la situation sociale s'étant aggravée au cours du Week-End , il importait de proposer une action rapide et proportionnée.

Le projet a été conçu sur la base d'une cellule d'écoute "un atelier stress post-traumatique". Il fallait permettre aux habitants de s'exprimer: car "l'expression est elle même réparatrice"

Il fallait que les participants puissent verbaliser sur les faits, leurs sentiments et leurs ressenties. Le cadre proposé devait être bienveillant, authentique, et confidentiel.

Au cours de la session, l'accompagnement a été mutuellement assuré par l'équipe du Centre Social Lapwent et les professionnels participants. Le débat a permis un partage d'expériences entre les habitants et les professionnels.

Cette initiative s'inscrit dans les objectifs du Centre Social LAPWENT de soutenir les familles et les parents autour de questions qui les préoccupent. A ce titre, ce type d'actions sera renouvelée dans la poursuite de deux objectifs:

#La Proximité

#La Réactivité